EyckBlog - Journal des Riens

29 avril 2012

Rondeur

 Il y a longtemps, je n'avais pas trouvé les mots pour dire ce que je pressentais de la dangerosité de ses évidences discursives, en fait des raccourcis nauséabonds.  Il aura fallu l'aide d'un  psy. L'analyse était bonne.

http://www.dailymotion.com/video/x1vfyt_gerard-miller-analyse-sarkozy

Depuis quelques semaines, il y a cette pensée magique, superstitieuse, qui dit que l'élection prochaine marquera, comme pour le pays, pour moi-meme aussi, la fin d'un quinquennat mortifère. En finira-t-on du climat anxiogène, des inquietudes qui  torturent l'esprit ? Il m'a été donné depuis peu, dans ma vie, le moyen d'apaiser les terreurs qui m'envahissaient. Moyen artificiel sans doute, mais cette éclaircie me donnent à voir qu'une autre manière de vivre est possible. Au tranchant des peurs qui voudraient nous cisailler pour asseoir leur pouvoir,  opposer une rondeur dense et tranquille,  sur laquelle riperont les lames de l'eclatement. Un projet politique rejoignant une construction intime, avec pour image, une boule d'argile au coeur tendre, faconnée avec precaution et devenue progressivement solide sous la chaleur douce de la confiance. Au fait, sur la balance, j'ai pris dix kilos. Beau et prêt à rouler.

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26 septembre 2011

Ton héritage

Si tu aimes les soirs de pluie
Mon enfant, mon enfant
Les ruelles de l’Italie
Et les pas des passants
L’éternelle litanie
Des feuilles mortes dans le vent
Qui poussent un dernier cri
Crie mon enfant
Si tu aimes les éclaircies
Mon enfant, mon enfant
Prendre un bain de minuit
Dans le grand océan
Si tu aimes la mauvaise vie
Ton reflet dans l’étang
Si tu veux tes amis
Près de toi tout le temps

Si tu pries quand la nuit tombe
Mon enfant, mon enfant
Si tu ne fleuris pas les tombes
Mais chéris les absents
Si tu as peur de la bombe
Et du ciel trop grand
Si tu parles à ton ombre
De temps en temps

Si tu aimes la marée basse
Mon enfant, mon enfant
Le soleil sur la terrasse
Et la lune sous le vent
Si l’on perd souvent ta trace
Dès qu’arrive le printemps
Si la vie te dépasse
Passe mon enfant

Ca n’est pas ta faute
C’est Ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ca n’est pas ta faute
C’est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou plutôt sans

Si tu oublies les prénoms
Les adresses et les âges
Mais presque jamais le son
D’une voix, un visage
Si tu aimes ce qui est bon
Si tu vois des mirages
Si tu préfères Paris
Quand vient l’orage

Si tu aimes les goûts amers
Et les hivers tout blancs
Si tu aimes les derniers verres
Et les mystères troublants
Si tu aimes sentir la terre
Et jaillir le volcan
Si tu as peur du vide
Vide mon enfant

Ca n’est pas ta faute
C’est Ton héritage
Et ce sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ca n’est pas ta faute
C’est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou plutôt sans

Si tu aimes partir avant
Mon enfant, mon enfant
Avant que l’autre s’éveille
Avant qu’il te laisse en plan
Si tu as peur du sommeil
Et que passe le temps
Si tu aimes l’automne vermeil
Merveille rouge sang

Si tu as peur de la foule
Mais supporte les gens
Si tes idéaux s’écroulent
Le soir de tes 20 ans
Et si tout se déroule
Jamais comme dans tes plans
Si tu n’es qu’une pierre qui roule
Roule mon enfant

Ca n’est pas ta faute
C’est Ton héritage
Et ça sera pire encore
Quand tu auras mon âge
Ca n’est pas ta faute
C’est ta chair, ton sang
Il va falloir faire avec
Ou plutôt sans

Mon enfant… Mon enfant…

Benjamin Biolay

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31 août 2011

Qu'est ce qu'on attend ?

Retour à la maison, journée de boulot de rentrée, séance d'introspection psy et normalement séance de sport prévue. Et puis non, j'ai senti que le moment ne pouvait pas se passer comme çà, à trouver n'importe quel moyen pour ne pas se poser un peu, et penser à soi. Penser sur soi. Pas de télé, pas de téléphone, pas d'internet. Ne pas se divertir, ne pas s'échapper,ne pas être ailleurs, s'efforcer de n'être qu'avec soi et même ne pas relire les pages de ce blog, pour rester vierge de ce qui a été, y compris dans mon  style d'écriture. En somme, se poser la question de savoir où j'en suis aujourd'hui. Où ? D'abord sur la petite terrasse, l'ordinateur posé sur la table à manger, le parc vert intense à mes pieds, et la trouée bleue de la piscine. Au dessus de la rambarde, le ciel presque dégagé, des nuages à l'horizon et à travers la cime des arbres, un coin de ville, un coin de mer et les collines juste après, sous la lumière à peine orangée d'une fin d'après-midi. Quelque part le bruit insistant d'une débrousailleuse et le piaillement des oiseaux alentours. Est-ce que je suis heureux de tout ça ? Ca fait partie de ma vie, et je sais avoir éprouvé la frayeur un jour, d'avoir à le perdre. Qu'est-ce que c'est alors ? Qu'est ce qu'il y manque ? Il y a que je me sens seul. Seul au boulot, seul en dehors. Les amis de coeur sont loin, la famille aussi, mais la famille, on sait bien c'est compliqué. Je devrais être plus juste, il y a des gens ici qui me portent de l'affection et pour qui j'en éprouve. Et cela aussi, je détesterais d'avoir aussi à le perdre. Une fois par mois, il y a Paris, d'autres gens de coeur, le battement de la ville, l'excitation et les attentes qu'elle provoque, ses déceptions aussi. Làs-bas, de la même façon, je peux m'y sentir seul, peut-être  parce que je fantasme plus que là où j'habite, la rencontre amoureuse possible. Et enfin, il y a les voyages, le dernier à Québec. Il y a très longtemps que je n'ai pas voyagé seul, ce n'était pas encore le cas cette fois-ci, un (pas petit) copain était aussi de la partie. C'est bien, même quand parfois on voudrait s'isoler un peu, on a moins peur de l'inconnu. Mais le Québec, c'est l'inconnu ? Je ne l'ai pas vécu comme çà. Sans doute parce que je savais que d'abord quelqu'un m'y attendait. Et que j'attendais aussi depuis longtemps. Penser que traverser un miroir virtuel après tant d'années et se découvrir instantanément si proches, a quelque chose de magique. Je n'ai pas pensé cela, j'ai  voulu vivre l'instant présent, alors je crois que cela m'a juste paru évident. Il faut, en face de vous un peu de répondant, quelqu'un qui aime la vie et qui résolument a décidé de vous faire passer le message. J'espère aussi avoir transmis cet amour là. Parce qu'en définitive, il s'agit bien de cela, il y a eu d'autres rencontres, une amie d'enfance retrouvée, une amie de tout de suite découverte, un homme qui vous veut, un autre que vous auriez bien voulu, la vie quoi et autant que possible, se laisser porter par la vague de gentillesse qui aura déferlé. Pendant que j'écris ce texte, la nuit est tombée. Sur quoi tombe-t-elle ? Sur quelles peurs ? La peur de vieillir, la peur d'être seul, la peur de perdre. On me dit que tout cela existe et que je n'y pourrais rien. Alors Eyck, qu'est ce que tu fais maintenant ? Qu'est-ce que tu attends pour être heureux ?   

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17 août 2011

Wi-fi dans le bus

Ceci est un post romantique... Suis en route pour rejoindre Sylvia à Québec.

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07 mai 2011

So what ?

Ce n'est pas une question de vie ou de mort. C'est bien plus grave que ça.

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08 mars 2011

Quoi ?

Ce soir je n'y crois plus . A rien. J'ai bu. Une fois encore. Malheureusement ou heureusement. Je crois que j'ai envie de tout laisser tomber. J'ai trop espéré.

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09 janvier 2011

Ce dimanche là

Ce matin, j'ai été réveillé par une alerte sur mon téléphone. L'alarme me rappelait que c'était l'anniversaire d'Ambre. Elle aurait eu 20 ans aujourd'hui.  J'ai appelé mon beau-père, qui voulait se recueillir devant les cendres de ma soeur et qui tournait autour du funérarium, fermé un dimanche.

Il avait passé la journée à voir  Monet, puis Mondrian. Ses premières expos sans elle. Sans nous. Nous avons pleuré ensemble et c'était doux.

J'ai appelé Maman, restée avec ma famille, elle n'avait pas eu la force de le suivre. Elle était déjà en larmes lorsqu'elle a pris le téléphone. En racontant sa douleur, sa tristesse de tout ce qui ne sera plus partagé et sa colère de ne pas avoir été prévenue par les amis d'Ambre, dans sa glissade vers la drogue. Nous avons pleuré ensemble et c'était doux.

Et quand tout cela a été épuisé, d'un coup, elle m'a raconté leur croisière sur un paquebot de luxe pendant Noël, Rome, Athènes, la Méditerranée, et le pyjama plié en fleur sur son lit.

Moi, j'ai eu R. au téléphone, toujours un peu interdit lorsque je lui parle de la mort d'Ambre. Il m'a invité à déjeuner avec S. qui s'installe à New York. Nous n'avons pas parlé d'Ambre. Le repas était  bon. Il y avait du vin. Et je crois que c'est comme cela que j'avais envie de passer cette journée.

Mon frère aussi avait passé la journée à penser à Ambre. Comme lorsqu'il était adolescent, il a trouvé une chanson, et réécris les textes. Je viens de le lire. Et ce soir, je pleure doucement, seul,  en même temps que je chante sur la musique de la chanson d’Hélène, « Les choses de la vie » de Claude Sautet. (http://www.youtube.com/watch?v=xDd966e6a-Q)

 

Ce soir je pense à Ambre

Qui a fermé sa chambre

Le soleil n’y entrera plus

Tu n’aimeras plus

Tout va, nos vies se passent,

Et rien ne te remplace

Où est-elle ?

 

Pas même 20 ans, à peine

Le temps de te laisser

Aller à tout, au bout de tout

            Peut-être le temps d’aimer quand même

 

Avant dans la maison,

J’aimais quand nous jouions

Nous aux adultes, toi à l’enfant

Tu n’aimeras plus

 Je regarde le soir tomber tout comme toi

C’est fini

 

Pas même 20 ans, à peine

Le temps de te laisser

Glisser de la lumière au noir

Peut-être le temps d’aimer quand même

 

Sa vie n’est plus à vivre, elle a fermé le livre

Je l’entends cette voix qui s’est tue

Tu n’aimeras plus.

 

 

 

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07 janvier 2011

Question

Est-ce qu'on aime les genis que l'on a peur de perdre ?

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29 novembre 2010

Anniversaire

J'ai 40 ans aujourd'hui.

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24 novembre 2010

Absence

C'est une absence terrible. Donc romantique mais qui fait du mal. Je ne sais pas où vous êtes. Trois phrases qui résument en somme ce que je suis aujourd'hui. Différend d'hier ... Pas vraiment non si ce qui est à dire est l'expression d'une solitude profonde, inextinguible.

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07 octobre 2010

Ou êtes vous ?

Y'a quelqu'un nom de Dieu ?

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03 août 2010

Ambre

Encore des mots impossibles à écrire. Ambre s'est suicidée en se défenestrant il y a un mois. Un samedi matin d'été. Ambre c'est ma soeur. Elle avait 19 ans. Ambre était belle, brillante, joyeuse le plus souvent. Ambre faisait du théâtre à Avignon, Ambre faisait ses études dans une école réservée à l'élite de la Nation. Ambre devait partir un an à Hong Kong. Ambre faisait la fête. Avec de la drogue et de l'alcool, mais cela nous ne l'avons su qu'après. Ambre mentait de plus en plus souvent sur son emploi du temps. Qui était Ambre ? Je pense maintenant que je ne l'ai jamais su. Nous nous parlions quand Ambre me rejoignait dans ma chambre d'hôtel parce qu'elle ne voulait pas dormir seule.  Mais de quoi parlions nous puisque je ne sais pas aujourd'hui ce qui a pu la pousser au suicide. Comment avons nous pu ma mère, son père, mon frère et moi à ce point ne pas l'entendre et qui sommes nous pour ne pas avoir su lui donner la possibilité de nous parler de ce qu'elle faisait et de ce qu'elle était réellement ? Mon frère est en colère. Pour lui, Maman est responsable. Je ne sais pas réellement ce qu'il veut dire par là. Je ne sais pas si je veux vraiment savoir parce que je ne voudrais pas entendre ses arguments et courir le risque d'être en colère contre elle, parce que je ne voudrais pas courir le risque de la perdre, de la voir se détruire aussi. Mais je ne veux pas perdre mon frère non plus en me fermant aussi à ce qu'il me dit. Je suis devant ce mystère et je ne sais pas quelle vérité je dois en tirer. Je crois déjà que je ne suis pas très doué pour être heureux. J'ai du mal à m'aimer, à comprendre ce que je fais et ce que je suis. Je crois être quelqu'un qui ne supporte pas le conflit et la rupture. Je voulais juste m'amuser, savoir aimer et être aimé parce que j'ai aussi peur d'être seul et abandonné. Peut-être que ma soeur et moi, finalement, on se ressemblait beaucoup plus que je ne le pensais. 

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11 mai 2010

Principe de réalité

Peux-t-on décider en conscience rompre les liens qui nous unissent ? Je ne suis pas l'homme des ruptures. Et pourtant... Se décider à être sérieux, ce serait quoi ? Se décider à n'être ni heureux ni malheureux ? Je disais dans mon précédent post que je m'emmerdais. Entretemps, retour de 2JM dans mon lit, pour un petit tour et puis s'en va. J. lui a trouvé l'amour, c'est assez troublant de le constater après tant d'années, là aussi, à essayer d'installer un chemin commun. Quand aux autres fantômes du passé, ils sont là, à habiter mes pensées et pourtant, concrètement, disparus. Et puis, C. malade de ce qui probablement ne se guérira pas. C. ? Jamais parlé de C. ? Si, au détour d'un post où j'expliquais qu'elle avait connu une princesse laotienne et qu'elle perdait son fils. Elle l'a retrouvé mais aujourd'hui, c'est la vie qu'elle perd. Alors quoi ? C. c'est ma boss depuis 15 ans. Le même prénom que ma mère, et finalement oui, depuis 15 ans une figure maternelle aussi. On peut parler de la bataille immédiate engagée pour s'assurer que je la remplacerais. Je ne sais pas si je la gagnerais. Je ne sais pas si je dois en avoir envie. Et cette bataille là est mon quotidien d'aujourd'hui. Alors pas d'impact émotionnel ? Elle dit qu'elle ne peut plus parfois rien avaler et qu'elle maigrit à vue d'oeil. Je voudrais la prendre dans mes bras et la rassurer. Mais il n'y a plus de mots possibles après ces années là passées aussi à m'occuper d'elle et à calmer son anxiété. En moi, oui, quelque chose se brise, quelque chose qui s'effrite, quand je suis seul au bureau et que je ne peux plus lui parler. Que je ne peux plus lui parler. Que je ne peux plus lui parler. Je suis grand maintenant et il y a des batailles à mener. Je voudrais être petit et ne plus avoir à batailler. Alors vous voudriez, que ce soit moi qui provoque les ruptures ? Organiser tout seul, y compris pour sauver ma peau, le désert. Et ne plus avoir autour de moi d'autres à qui parler ? Oui, c'est cela, comme me dit mon frère, fonctionner sur des principes et s'y tenir. Moi, j'aimerais m'en foutre des principes et ne pas être seul.

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09 mai 2010

Bilan

On n'a qu'une vie. Alors c'est pas grave de la rater.

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05 janvier 2010

C'est quoi ce blog ?

Quoi 2009 ? Sur ce blog pas grand chose. Et dans la vraie vie ? Peut-être pas grand chose aussi. Moins d'évènements ? Moins de rencontres ? Peut-être... Encore que. Sans doute pour moi, une autre façon de prendre les choses. En Janvier de l'année dernière, l'inquiétude financière. En mars, la grève longue. En Juillet, un festival à Avignon. En Octobre, des échéances professionnelles relativement bien négociées, qui devraient me permettre de voir venir, et a minima de me tenir la tête hors de l'eau. Et puis, et puis, peut-être si on en finit avec cette putain de crise, de vraies perspectives. Pour le reste (what else sinon le sentiment amoureux), pas grand chose : là aussi en pointillé de quoi me maintenir la tête hors de l'eau, mais là, sans perspectives ouvertes. 

En Décembre, ce moment avec ce garçon. Mon visage enfoui dans ses cheveux. Bouleversant. Ephémère aussi.

En Décembre à Dijon. Noël en famille. Une naissance. Le fils de mon frère. Le fils de mon frère jumeau. Comme pour le reste, ne pas trop se poser de question. Les miens sont là. Réunis peut-être pour la dernière fois.Maman se sauvera-t-elle d'elle même ? Impacter la possible impermanence.

C'est quoi ce blog ?Décidément un journal intime. Au sens premier. Je viens de me relire. D'abord les derniers posts qui datent un peu parce que je n'écris pas régulièrement et d'autres beaucoup plus anciens, piochés au hasard. Je suis heureux que ce journal existe. Parce qu'au fil des années, plus de cinq ans maintenant, j'y retrouve toujours les mêmes obsessions : l'anxiété, le manque de confiance en soi, la quête amoureuse, une certaine forme d'aspiration mais aussi d'inaptitude à vivre le temps présent, et son corollaire, un rapport fantasmé au monde. J'écris que j'y retrouve toujours les mêmes obsessions mais j'aurai pu dire à la place les mêmes lignes de force. Parce que ce qui est, à bien des égards, l'expression de mes plus grandes faiblesses, fait aussi ma manière d'être, dans sa vérité la plus nue. Et finalement, il y a quelque chose de rassurant à trouver quelques repères à l'insondable. Partant de là, j'ai essayé de changer. Sans doute est-ce la raison pour laquelle je suis devenu, ici, de plus en plus silencieux. J'ai cette impression d'essayer de mesurer jusqu'où ne pas aller trop loin, d'agir en conséquence et en somme de tenter de gérer, avec moins de débordements, mes frustrations. Alors quoi, ce serait ça hein, être adulte ? Soit. Mais pour tout dire, quelque chose, au fond, en moi, s'y refuse, et le traduit dans la colère ou la dépression. S"interdire les transports émotionnels ? Ne plus vivre en stratosphère ou au fond du trou ? Equilibrer tout ça pour vivre mieux. Peut-être. J'ai dit pendant longtemps que je ne m'ennuyais jamais. Mais là, je crois que je m'emmerde. La preuve, mon style était moins pauvre..

Oui, je relisais tout ça. Et je me disais que ces cinq années avaient été vécues de manière intense. Très heureuse et très malheureuse en même temps. Et bon, c'était bien. Pas si sûr d'avoir envie d'y renoncer. Je sais bien là que j'ai l'air de taper du pied comme un gamin capricieux. Mais c'est qu'en contrepartie, j'attend encore la sérénité. 

Je voulais dire aussi, qu'en filigrane, de ces posts, il y avait aussi votre présence. Cela aussi m'a transporté. Je suis retombé sur certains des commentaires de celle qui buvait du café noir. Jamais entendue. Jamais rencontré. Mais elle était là. Et un jour, elle a disparue, pour toujours. Elle me manque. Alors c'est aussi l'occasion de vous dire que je tenais à vous. Bonne année. 

Et si vous me le permettez, Bonne année aussi à moi.

 

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24 septembre 2009

Facilité(s)

Je tournais autour. Besoin de faire le point et rassembler ce qui a été appris ces derniers jours, ces dernieres semaines, mois, années. Une fois encore, c'est en lisant Chronolog et les commentaires de Sylvia, que ça s'est déclenché. Elle y parlait de moi comme quelqu'un d'organisé...??? Non, non loin de là. Je disais dans mes précédents posts que j'étais en colère. Contre moi. D'abord. De m'être fourré une fois encore dans une situation inextricable, où quelque soit la décision prise, j'aurais l'impression de ne pas me rendre heureux. Je lisais quelque part la description de la situation : un labyrinthe sans issue et sans même un monstre caché au centre pour me dévorer, sinon moi-même. Pour en avoir décrit les méandres sur ce blog, vous savez que c'est spécialement dans mes relations amoureuses, que j'ai le chic, de me retrouver dans l'impasse. Mon frère, ces derniers temps, tentait une fois encore de me faire prendre conscience de ce qui se passe : en refusant tout bonnement de m'entendre encore parler de J2M, en m'imposant violemment d'en faire un non-sujet, il venait dire qu'à un moment doit venir le temps du choix, de la responsabilité et la protection de soi, de l'exigence et évidement du prix à payer. Et c'est bien de cela dont il s'agit. En somme, je vis depuis près de 15 ans, d'un traumatisme à l'autre. Je rencontre quelqu'un, ça ne fonctionne pas et je continue à essayer de faire rentrer des ronds dans des carrés. Sans renoncer. Tout ça m'a beaucoup pris, abimé des trésors d'innocence et de confiance en moi et dans les autres. Je suis seul. Et cela veut dire en définitive, que je suis seul responsable de mon entêtement. Et de ce que ça m'a coûté. Après l'enfance fracassée, la vie devait être belle. Au nom de cela,et plutôt que de m'en tenir à ce rêve là, lorsqu'elle ne l'était pas tant que ça, il s'est agit d'en conserver un tant soit peu l'illusion. A aménager et à gérer. Pour finir par me perdre. Ces histoires n'auraient jamais du durer si longtemps et on compte en années là. Après les quelques premiers mois exaltants, tous les signes virant à l'orange, il aurait fallu partir. Leçon apprise, il n'y a pas si longtemps.  En me quittant et en n'y revenant pas, S. m'a rendu un fier service : une belle histoire vécue intensément, une tristesse infinie à son issue, mais pas de trauma. Peut-être que j'arrive au bout de ce que je peux supporter, et Dieu sait si je suis résistant. Mais aux prix d'une anxiété folle, qui finit par déborder sur tous les compartiments de ma vie et dont j'ai témoigné ici. Il est sans doute temps d'essayer d'y remédier. Peut-etre seul mais plus léger.

PS Ce post a été écrit le 2 août 2009. Je ne l'avais pas publié 

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13 juin 2009

En colère

C'est difficile à exprimer, quand c'est contre soi qu'on est en colère

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07 juin 2009

Sans titre

Je suis juste en colère

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23 janvier 2009

L'amour est partout

Dans la nef du Grand Palais ce soir, l'exposition "6 milliards d'autres", 5000 interviews dans 75 pays. Impossible de tout ingérer en aussi peu de temps. Curieux zapping. Alors, ne faire qu'une seule chose à la fois. S'attarder à voir et re-voir deux visages parmi 6 miliards d'autres, puis écrire pour ne pas oublier ce qui disparaîtra pour toujours..  Deux visages. Du Cambodge, évidemment. Si j'allais là-bas, est-ce que je reconnaîtrais chez les hommes cette expression de mon père que j'ai surprise, un mouvement de tête fugitif qui l'incarne soudainement. Du Cambodge, toujours. Une autre. Elle dit qu'elle ne peut pas pardonner les crimes des Khmers rouges mais qu'en fait elle a déjà pardonné, parce qu'il n'y a en face d'elle que le silence. Son mari a plus souffert qu'elle et lui, a pardonné. Contre quoi se battre ? Elle dit qu'on ne peut pas applaudir d'une main. Il en faut deux pour faire du bruit. Elle dit qu'il faut jeter le passé et garder le nouveau. Et je pense immédiatement qu'il est possible, j'aime l'idée qu'il soit possible que c'est cela que mon père a pensé. Et comment il a vécu. Profondément tolérant. 

Avant cela, un ami de ma soeur qui attend avec nous son petit copain qui doit nous rejoindre. Au moment où ils se trouvent, l'un qui embrasse l'autre sur le parvis et après qui se tiennent serrés l'un contre l'autre au moment d'entrer dans l'exposition.

Avant cela, une sombre nouvelle. On m'apprend qu'il doit reprendre son traitement. Encore trois mois, et ce sera dur. Je chancelle. Où trouver de la force ? J'appelle deux autres amis à qui il n'en a jamais parlé. Mais ils savent.  Et même, si ils n'avaient pas su... oui, oui, ils seront heureux de nous inviter à dîner.

Avant cela, elle est juste là, Maman, elle s'agite, elle secoue, elle nettoie, elle organise, elle range. Parce qu'elle s'inquiète, parce qu'elle s'angoisse. Elle dit parce que j'ai besoin de contrôler. Parce que tu as besoin d'être rassurée, j'ajoute. Elle dit aussi, j'ai toujours fui toutes les dépendances. Je reste dormir. Pour avoir des moments rien qu'avec elle. Mes moments de petit et grand garçon.

Avant cela, il me parle et je ne comprend rien. Parce que ce n'est pas le même langage. Le mien c'est celui de ce qui se passe dedans. A l'intérieur. Alors je l'y amène doucement. Parce que c'est ce qui m'intéresse. Et il parle alors, répondant à mes questions, de son jumeau et je lui parle du mien. Que voulait-il trouver en moi ? Que j'ai refusé de lui donner en le quittant, il y a près de dix ans. Il a fait sa vie ailleurs bien sûr, mais la dernière fois que nous nous sommes vu, après avoir parlé comme nous l'avons fait ce soir, il a déposé un baiser sur mes lèvres pour me dire aurevoir. Cette fois-ci, je ne voulais pas que ça recommence, alors j'ai juste passé ma main sur sa tête en le quittant. 

Avant cela, rendez-vous pour l'investiture d'Obama dans un bar, avec l'amie devenue américaine. Elle n'a pas toujours vécu à Chicago. Elle vivait à Paris, moi aussi. Nous vivions en face de l'autre. Et nous parlions la même langue, celle justement du questionnement. Des années après, elle me redit, comme si c'était hier, son urgence, son absolue nécessité. Et m'écris en dédicace de son dernier bouquin, "A ..., dont l'amitié et l'intelligence font autant de bien que les bons livres." Fierté.

Tout à l'heure, dans le métro, un couple d'asiatiques, elle dans un manteau orange, lui un sac plastique à la main, qui se penche sur sa bouche.

Six milliards d'autres et l'amour est partout.

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16 janvier 2009

Je ne me fais pas confiance

Je me relisais ici. Je parlais de cette anxiété permanente, cette angoisse continue, cette incapacité à se détendre. C'était il y a deux ans, et je pouvais considérer qu'il y avait peu de raisons à se trouver dans cet état là. Depuis, la situation s'est tendue... très court avec le fric, situation professionnelle possiblement menacée, amours envolés, amis rares. Est-ce une vision ou une réalité objective ? En tout cas, l'anxiété est là. Et je ne sais pas comment m'en débarasser. Et si même je dois m'en débarasser. Je viens de lire que l'anxiété peut-être une intolérance à l'incertitude. Si tout était sûr, et dans mon esprit, rien ne l'est jamais, est-ce que je continuerais à agir ? Peut-être que le problème ne se pose pas comme cela. Admettons que rien n'est sûr. Est-ce que je peux continuer à ne pas me faire confiance sur ma capacité à le supporter ?

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