Il y a plus de dix ans maintenant, je crois, depuis mon voyage au Vietnam, que je n'étais revenu en Asie. Aujourd'hui, comme hier, je m'y sens chez moi. Instantanément, instinctivement. Ici, malgre la barriere de la langue, l'écran translucide qui me coupe habituellement de l'environnement dans lequel je vis quotidiennement n'existe pas. Les gens, la nourriture, le climat et ses odeurs me sont familiers. Il y a donc bien un endroit où je ne me pense pas si différend. Bien sûr, il est probable que cela relève du fantasme mais qu'il est reposant parfois de penser qu'on appartient à quelque chose. Et puis, la Thaïlande maintenant c'est une maison, celle de ma mère qui y vit six mois par an, où je pourrais revenir régulièrement. Il y a quelque chose d'infiniment rassurant à pouvoir se dire que les temps heureux ne prendront pas forcément fin, mais qu'il est peut etre possible de s'inscrire dans la durée et faire des projets. C'est que nous sommes fragiles maintenant dans la famille, de ces vraies fragilités qui affleurent continument mais que l'on cache, que l'on masque pour ne pas faire tomber avec soi ceux que l'on aime. L'esprit de ma sœur est tout le temps présent : que pourrions nous faire d'autre que de nous tenir debout, puisqu'en définitive il faut vivre et qu'ici la vie est une parenthèse douce. Bonne année à tous.