05 mai 2007
Mes amis sont de droite
Autour de moi, des gens de droite. Des gens qui sont mes amis et auxquels je tiens. Nous avons parlé, discuté de ce qui nous séparait. Sans nous convaincre évidement. Et pourtant, quelque chose me gêne, quelque chose que je ne peux pas leur expliquer.Pourtant ils m'entourent et ce que je sais d'eux nous rassemblent. Je sais qu'au fond, nous partageons les mêmes valeurs, un façon si particulière de regarder le monde, d'être au monde. Comment en serait-il autrement, comment pourrais-je les aimer sinon depuis tout ce temps. Alors j'enrage de ne pas pouvoir mettre en mots ce que je sens de dangereux dans ce que dit Sarko. De leur expliquer que cela ne peut pas leur ressembler.
Peut-être une dernière tentative ici.
http://www.dailymotion.com/video/x1vfyt_gerard-miller-analyse-sarkozy
Sarko va me tuer
Il est tard. Deux heures quarante trois du matin et je devrais dormir. Aujourd'hui c'est samedi mais il va falloir que je passe au bureau. Je ne serais pas très frais. J'irais voter après. Oui, ici, le devoir citoyen c'est aujourd'hui. Je me souviens de ce 22 avril, nous votions encore le même jour que la métropole. Mais décalage horaire oblige, le résultat nous était connu alors même que, chez nous, les bureaux de vote n'étaient pas encore fermés. Il était 17H00, lorsqu'à peine l'avion qui me ramenait à la maison, s'est posé sur la piste, les passagers se sont précipités sur leur téléphone portable pour savoir où nous en étions. Dans la coursive de l'appareil, un homme s'est retourné vers moi pour me dire que Le Pen était aux deuxième tour. J'ai souri vaguement à sa blague. Puis j'ai compris en voyant son visage décomposé qu'il ne plaisantait pas. Je me suis littéralement éjecté de l'aéroport, papa a foncé pour m'emmener voter avant 18H00 - on se disait alors que nos voix outre-mer pourraient encore réduire l'écart et sauver Jospin. En vain...
Cinq ans après, ce serait bien, que nos bulletins tenus au chaud - c'est bien le cas de le dire, ajoutés à vos votes de dimanche puissent, même d'un chouïa, sauver Ségolène. Et pourtant, tout semble perdu. Et je m'en veux de ne pas avoir choisi le Béarnais au premier tour. Que nous n'ayions pas été plus nombreux à le faire. Pour nous donner une chance du moindre mal, d'une recomposition possible, le vote oui, oui du tout sauf Sarkozy.
Mais le moyen de faire autrement. J'ai voté Ségo au premier tour par fidélité. Par fidelité au garçon de 11 ans qui ne ratait jamais le journal et la politique à la télévision. Par fidelité aux hurlements de joies qui ont retenti dans toute la cité du 93 où j'habitais alors ce 10 mai 1981. Par fidelité à mon engagement militant 7 ans après, au PS, quand mes petits camarades majoritaires menaçaient de casser la gueule au minoritaire gaucho que j'étais. Par fidelité à cet adieu à Mitterrand qui s'en allait, pour lui dire merci la rose à la main, devant Solférino, un jour de printemps en 1995.
A Solferino encore, il y a deux semaines. Le soir du premier tour. Ce frisson immédiat au moment de rejoindre la foule. Ces visages inconnus mais instantanément si familiers. Familiers ? Oui, oui ces gens qui ressemblent à tous les autres (mais mention spéciale aux jolies petites gueules du MJS), c'est ma famille puisque c'est le peuple de gauche rassemblé. Alors voter autrement, çà n'aurait pas été moi.
Reste qu'au vu de ce qui s'annonce, ce n'était pas vraiment la bonne carte. C'est d'autant plus dramatique, que pour la première fois, le résultat d'une élection politique aura de réelles répercussions sur ma vie personnelle. Plus de discussions fumeuses et de maniements de concepts, le droite dure au pouvoir va être pour moi, cette fois-ci une expérience incarnée, je vais la sentir passer. Les projets de Sarkozy menacent directement ma situation personnelle et pour tout dire une part considérable de mes revenus. Drôle d'impression de se dire que de manière très concrète, votre avenir dépend de l'issue d'une présidentielle. La politique m'a donné beaucoup de choses. Et il est bien possible qu'elle me le reprenne. Tout cela me laisse dans un état d'angoisse et de sidération complètes.
Dommage, pour ce post de retour, j'aurais bien voulu vous apporter des nouvelles plus légères. Et je ne vous pas encore parlé de mes échecs amoureux. Parce que là aussi, les repères foutent le camp. Bon, je sais bien que j'ai été un peu absent ces derniers temps, mais vraiment, faites un effort dimanche et si malgré tout c'est la catastrophe, ça serait bien de se soutenir après ce week end.
PS / Pour ajouter à l'énervement général, alors que je n'ai jamais eu l'occasion de lui parler et que je l'aime bien, je viens de m'apercevoir que Wam ferme son blog. Merde, mais qu'est ce qui se passe en ce moment ?