17 décembre 2006
Sentimental
Sans doute est-ce que je ne comprend rien à rien. Je ne comprend pas son langage, je ne comprend pas ce qu'il veut. Et parfois ivre, rageur, fou de cette incompréhension là, incontrôlé, je le pousse dans ses retranchements. Je lui dis qu'il ne peut pas exister avec ses seules obsessions, comme il m'a déjà expliqué que je ne peux pas exister qu' avec les miennes. Et hier soir, une fois de plus, au bout du bout, je lui ai expliqué que nous n'avions pas à nous enfermer, à nous emmurer. Et que s'il me dit "défends toi", je lui dit "ouvres toi". C'est à ce moment là, qu'il m'a pris dans ses bras, avec ce mouvement de tendresse que je lui connais si peu. Nous sommes restés là encore un peu, dans la voiture, sur ce parking désert, et je n'ai pas pensé à regarder si les étoiles venaient de se rallumer. Il m'a proposé de coucher ensemble. Cette fois ci c'est moi qui lui ai dit non, que je préferais qu'on retourne à la maison pour qu'il me tienne dans ses bras. Il m'a dit ... je te ramène, peut être que je reviendrais plus tard ou pour le petit déjeuner. Ce matin, il n'était pas là. J'ai demandé pourquoi. Il m'a dit "je veux rester tranquille, tu comprends ?". J'ai dit que non, que je ne comprenais pas mais que j'essayais.La journée est passée. Il passera dans cinq minutes, pour m'accompagner à l'aéroport. Là, c'est moi qui part. Et j'écoute ma copine Jenifer en boucle qui me dit : Serre moi Si aimer c'est aussi se retenir Serre moi Je veux m'enfuir Serre moi Etouffe moi d'amour avant le pire Serre moi Que je respire
11 décembre 2006
Le concret des choses
Il écrit "...quand j’ai commencé à travailler, quand la vie est devenue plus concrète, moins fantasmée, j’ai perdu ce réflexe de noircir des pages."
Et aussi :
"Ce blog, c’était aussi un moyen de retrouver ce plaisir d’écrire. Bien que je n’y raconte pas les mêmes choses. La tambouille intime que je déversais sur le papier, les mises au point sur mes rapports au monde, aux autres, les signaux d’alarme que j’adressais à moi-même lorsque je me sentais partir à la dérive, la petite philosophie pratique à mon seul usage, mes auto-exortations… Ce ne sont pas les mêmes choses qui me viennent ici. (...) Ici, je raconte.
En lisant cela, j'ai pensé que pour moi, c'était le contraire. Que mon blog à moi, m'avait servi de déversoir à mes états d'âme. Une façon de penser à haute voix pour faire le point de moi-même, ce que je n'avais fais que très rarement dans des carnets ou des journaux intimes. Raconter ce n'est pas mon truc. Sur ce blog, comme ailleurs. L'anedocte, le déroulé des jours, ses évenements, je l'entends mal, je le dis mal. Depuis longtemps, peut-être depuis toujours, ce qui m'a interessé c'est le questionnement, le commentaire, le sens, la conceptualisation. En y réflechissant, il me semble aussi que dans mes rapports aux autres, une conversation purement factuelle me demande de plus grands efforts de concentration et que ce qui m'importe avant tout, derrière ce que je, ou ce qu'on me raconte, c'est le pourquoi.
Je ne porte pas de jugement de valeur. Je dis juste comment j'ai l'impression de fonctionner. Et puis lire quelque chose comme "...la vie est devenue plus concrète, moins fantasmée" m'a provoqué. Est-ce que ma vie est quelque chose de concret ou de fantasmé ? Vraiment c'est une question que je ne me suis jamais posée. Et pour le coup, ça m'a vraiment inspiré.
En fait, je crois avoir beaucoup fantasmé dans mes relations amoureuses. Je veux dire que j'ai toujours eu beaucoup de mal à réaliser la situation objective des choses. Je me suis raconté beaucoup d'histoires, en essayant de faire rentrer des ronds dans des carrés. Je crois que c'est ça qui m'a servi de moteur. Quand ça ne fonctionne pas comme je veux, mes premiers réflexes est de ne pas le voir ou de croire très fort que ça peut changer, que ça va forcément changer. J'entretiens ces illusions. Ce qui est paradoxal, c'est que je n'ai pas l'impression de réagir comme ça dans mon boulot. Je n'entretiens pas ces chimères. Je suis dans une situation donnée. J'essaye d'en tirer un profit ou une opportunité. Et je m'aveugle moins. Quitte à noircir le tableau. Pour me prémunir de dangers possibles et mieux les contrôler.
Il y a quelque chose pourtant là de très concret. Et sur laquelle, je peux difficilement faire l'impasse. La maladie, la mort, je crois que c'était pour moi des notions très fantasmées justement. D'où ma stupéfaction. C'est bien, le mot. Je suis stupéfait. Je viens de les rencontrer.
Voilà, sinon pour l'anedocte, je crois que mon psy cherche aimablement à me foutre à la porte. Elle m'a demandé tout à l'heure "Est-ce que vous croyez encore avoir besoin de moi"?